14.10.2007

Attention…ça glisse !

Dans le cadre de notre formation, nous avons lancé une invitation au débat en direction des étudiants, des formateurs et des membres de la direction pour la date du 17 septembre 2007.

Cette initiative est née d’interrogations liées aux transformations profondes dans le secteur du travail social. Interrogations latentes qui se sont matérialisées dans les événements secouant l’Hôpital de jour pour adolescents St Léon, mais surtout par le positionnement adopté par l’association gestionnaire (ARSEAA) face aux revendications des grévistes.

Notre centre de formation dépend de cette même association. C’est en ce sens que nous avons jugé pertinent de soumettre à débat public la teneur des valeurs et principes revendiqués par l’institut St Simon.

Malheureusement, nous avons constaté l’absence de tout membre de la direction. Aussi, nous nous sommes penchés sur le livret d’accueil distribué en ce début d’année ainsi que sur celui qui le précédait. Par ce comparatif nous avons tenté de dégager les principales modifications imposées par cette nouvelle direction.

S’agit-il d’un continuum ou d’une remise en cause radicale des valeurs et principes traditionnellement affichées ?

Ni l’un, ni l’autre…nous serions plutôt en présence d’un concept cher à notre nouveau président : la rupture tranquille. Expliquons nous.

A première vue les deux supports étudiés semblent être identiques en tous points. Mais si l’on s’attache à y regarder de plus près, comme on devrait le faire pour un contrat d’assurance, on peut s’apercevoir que des modifications substantielles y ont été portées.

Nous nous sommes attachés, ici, à n’en retenir que trois mais ô combien parlantes.

 

Ainsi, dans l’édito 2006/2007 est stipulé que « le processus de formation (…) nécessite de s’engager dans un travail de transformation, pas que de soi-même, mais de sa position dans la relation à l’autre, dans sa capacité à trouver, à prendre et à tenir une place et dans sa volonté d’inscrire son parcours personnalisé dans un dispositif collectif au sein duquel un accompagnement est mis en place ». Dans le même paragraphe, cette fois version 2007/2008, on été retiré les termes « trouver » et « prendre » sa place, et ce au profit exclusif de « tenir » une place.

Ce qui différencie un objet d’un sujet tient dans le fait que ce dernier a accès à la réflexion et à la prise de décision quant à la place qu’il désire tenir.

 

Dans le même esprit, il nous était suggérer « d’articuler et surtout de mettre en perspective au regard de l’évolution des besoins des populations, de leurs environnements et la façon  dont ces questions sont traduites dans les projets d’établissement ». Aujourd’hui, il nous est proposé d’articuler ces « besoins » en fonction des «  réponses apportées par les projets d’établissement ».

En un mot, c’est aux « besoins des populations », et donc aux usagers de s’adapter aux « réponses apportées par les projets d’établissement ». Voilà un nouveau paradoxe à prendre d’urgence en considération !

 

Enfin, dans l’édition 2006/2007, il est écrit que nous ne sommes « pas des élèves et il n’y a pas de classes ». Dans la dernière mouture, cette mention disparaît tout simplement.

On peut donc penser que notre centre de formation se transforme, petit à petit, en un lieu de transmission de savoir ordinaire. Savoirs directement applicables, mais non interrogeables.

 

Et ben nous, on s’interroge…

 

Vincent

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