14.10.2007
Nous ne ferons que…
Dès l’aube, nous nous sommes amarrés aux abords de notre petite conscience. Nous avons regardé le monde à travers son épaisse brume pour constater qu’il n’était plus tout à fait le même qu’hier. Ce bref constat n’était pas simplement lié au principe même de l’évolution de notre espèce. Il était, à l’évidence, également lié aux parfums de moins en moins dissimulés d’un monde toujours plus économique. L’individu lui-même, contaminé par ces nouvelles contraintes, semble rationaliser jusqu’à sa propre pensée. Il espère trouver, dans cette nouvelle forme de conscience, un confort personnel qui l’installera à bonne distance des vicissitudes de notre histoire. Ne plus penser à l’autre et profiter, jusqu’à ce qu’un autre ne pense plus à nous. Ceci étant le précepte simple de l’économie qui découle d’une analyse élaborée sur l’individualisme. Après tant de chemin, qui aurait pu croire que l’humanité serait réduite à l’uniformisation des comportements dans ce qu’ils ont de plus archaïques ?
Aujourd’hui, nous sommes tous pris dans la fièvre du libéralisme. Plus personne ne peut briguer un soupçon d’indépendance. Bien ! Qu’il en soit ainsi ! Toutefois, il me semble important, au risque de passer pour des personnes arrogantes et déplacées, de nous transformer en grains de sable. Grains de sable munis de parole et qui apparaîtront comme des incongruités dans les rouages déshumanisés des sphères décisionnelles. Nous ne ferons qu’être vigilants, nous ne ferons que réfléchir, nous ne ferons que questionner, nous ne ferons qu’informer. Nous poserons sans prétention, un regard simple sur les agissements de ceux qui
dirigent. Non pas pour les importuner mais pour que tous nous comprenions de quoi demain sera fait. Cette démarche nous l’aurons en tant que citoyens, même si ce terme reste à redéfinir, mais également en tant que professionnels de secteurs où l’accompagnement de l’humain est prégnant. Aujourd’hui nous sommes dans l’obligation de constater que les valeurs humanistes qui ont jusqu’ici porté la profession sont à leur tour sacrifiées sur l’autel de la logique économique. Quelle sera alors notre mission dans l’avenir si l’accompagnement de personnes en difficultés devient une valeur marchande ?
Notre réflexion n’a rien de politique. Elle pointe simplement le problème de dissociation entre le motif de notre engagement professionnel et les objectifs financiers qui concernent les décideurs. Le métier d’éducateur spécialisé semble être d’un exercice difficile au vu de cette dichotomie. Il en sera vrai également pour tous les métiers de l’humain. Nous souhaitons au travers de ce blog balayer un ensemble de points de vue des différents acteurs concernés par cette situation. Nous vous invitons tous à apporter des témoignages ou bien à commenter l’ensemble des pensées que vous pourrez y trouver.
Boris
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