08.12.2007

A bout de souffle

 


Alors comment expliquer, que dans ce contexte d’attaque franche du système de solidarité mis en place à l’après guerre, socle de la société française, et de son vivre ensemble, les mobilisations soient si diverses, et si peu convergentes et finalement si fragiles.

Il me semble que cet état de fait est de toute évidence multi factoriel, mais j’insisterai ici, pour les faits qui nous occupent, sur l’effritement et la confusion qui règne chez nos représentants syndicaux et politiques, et par voie de conséquence dans la masse laborieuse qui se « lève tôt ». En effet, depuis la fin des 80’ et le second choc pétrolier la France est officiellement entré en crise. Cela se manifestera notamment par l’apparition de 3 millions de chômeurs au début des 90’, ce qui est un effet non négligeable de la fragilisation des solidarités préexistantes. Particulièrement dans la transformation du rapport de force Salarié/patron.

Ce rapport de force devrait être contrebalancé par les syndicats, libre d’agir dans notre démocratie. Oui mais voilà, comme toute organisation, les syndicats veulent survivre, et les transformations socio-historiques de ces 20 dernières années (crise industriel, délocalisation, effondrement du PC, du bloc de l’est, mondialisation…) ont poussé ceux-ci a changé de cible, et donc de discours. Ainsi dans les orientations de la CGT, il est clairement affiché l’envie de reconvertir une base majoritairement prolétaire, en cadre de la fonction public et du privé. Il en résulte forcément une confusion entre une base empreinte de radicalité et une représentation nationale qui affiche clairement ses affinités politiques, et qui est sans arrêt dans le compromis, ou comme on pourrait nous l’expliquer « réaliste ».

De plus l’Europe a considérablement appauvri la fonction et le pouvoir d’agir de nos états nationaux, et donc de nos représentants politiques. Nous pourrions tout simplement résumer cet état de fait comme un transfert du pouvoir décisionnaire d’une instance national vers une instance supranationale. Le monde diplomatique titrait dans un de ses mensuels de l’année 2001 : « A quoi sert-il de voter après Barcelone 2001 ? », sommet européen qui entérinait toute les réformes misent en place depuis plus de 5 ans (retraites, privatisations…), signé par les dirigeant socialistes, et qui parcourent à ce jour tous les états européens (Cf. Plan 2010 en Allemagne). Il me semble que c’est ici, que l’on trouvera le plus d’échos aux ressentis qui fait suite à cette manifestation. De réformes « nécessaires », en « réajustements structurels », le discours politique et médiatique est empreint d’une fatalité, d’un désenchantement auquel la gauche est temporairement dans l’incapacité de donné du sens. Mais, surtout, elle peine a construire une alternative crédible au libéralisme. Entre flou, ou mollesse idéologique, la mobilisation d’aujourd’hui dans la confusion, et parfois dans le corporatisme de ses revendications, prend l’allure d’un baroud d’honneur, avant la grande débandade qui fait suite aux grandes défaites, où chacun, comme il le peut, essaye de sauver le peu qu’il lui reste.

 

                                                                                                          Bruno

 pour Acte(s) là !

 

Les commentaires sont fermés.