19.02.2008
Compte rendu de la réunion débat du 07 février 2008
« Quelle place pour l’acte éducatif en institution ? »
Lors de ce débat les échanges d’idées nous ont amené à mettre en lumière plusieurs questions concernant ce sujet de l’acte éducatif en institution.
- L’acte éducatif doit il répondre à une commande sociale ? Dans quelle optique normaliser ?
- L’acte éducatif doit il être un moyen de donner les clés pour que les personnes que nous accompagnons soit maître d’œuvre de leurs propres choix ? Peut être dans des formes de socialisation alternatives ?
- L’acte éducatif peut il se borner à l’institution et à sa commande ou peut il dépasser ce cadre pour orienter la personne vers d’autres formes d’accompagnement ? L’acte éducatif est il alors politique ?
Outre ces questions qui seront développées plus tard ce qu’il ressort en premier lieu c’est que quelque soit la structure, l’institution dans laquelle l’éducateur travaille, son objectif est l’épanouissement de la personne.
Cet épanouissement de la personne en institution est il possible ? La marge de manœuvre de l’éducateur dans les différentes structures (CHRS, CADA, MECS) permet-elle de poser les jalons d’une socialisation et d’une personnalisation pour les personnes que nous accompagnons ?
Ce débat comme je l’ai dis précédemment à fait apparaître des points de vue contradictoires (c’est toute la richesse de nos rencontres).
-Tout d’abord l’acte éducatif peut se situer dans une volonté normative dans un premier temps, pour ensuite que la personne concernée puisse accéder à une autonomie dans un second temps.
L’exemple qui a été développé est l’accès à l’emploi. L’une d’entre nous travaille en CHRS et nous a montré que les « jobs » proposés au personnes et qu’elles ne peuvent refuser sont des postes très dur physiquement et qui parfois peuvent même être dangereux pour leur santé.
Effectivement, on peut se dire dans que cet emploi n’est qu’une volonté politique pour réduire le nombre de chômeurs et la marginalité (garantir la paix sociale), mais par ce biais il peut aussi être mis en avant une prise d’autonomie.
On voit ici que la volonté politique de normaliser et d’insérer par n’importe quel moyen est assez désopilante et nous interroge, mais l’éducateur peut s’en saisir en ayant à l’esprit que cette normalisation peut permettre un épanouissement.
-L’acte éducatif doit il être une normalisation où bien peut-il être un acte de « conscientisation » pour permettre aux personnes d’avoir un regard critique sur le système sociétal ? Ouvrir le champ des possibles en montrant d’autres formes de socialisation alternatives au modèle que la société propose fait partie intégrante de l’acte éducatif. L’un d’entre nous travaille en club de prév et à plusieurs reprises nous a montré que des actions qui permettent aux jeunes d’entrevoir la société et pouvoir s’y inscrire sous des formes alternatives est un axe à envisager. Les jeunes qui ne se reconnaissent pas dans un modèle sociétal classique peuvent alors avoir une place dans notre société et y participer en tant que citoyens.
-Le dernier point aborder lors du débat est celui de l’acte éducatif comme dépassant les murs de l’institution. L’ éducateur doit il se borner strictement au cadre légal ou peut il au fur et à mesure de sa pratique créer un réseau dans le but d’orienter les personnes le cas échéant vers d’autre formes d’accompagnement quand l’institution n’est pas en mesure de répondre à sa problématique. La question qui est posée ici est l’articulation dans notre métier entre la position professionnelle et une action militante. (être éduc est-il politique ?).
En guise de conclusion a été abordé l’acte éducatif dans sa dimension de la prise de conscience du sujet pour comprendre ses actes et y mettre du sens. Ne pas vouloir pour l’autre, lui laisser la place pour son imagination, sa création, son choix.
Ce débat s’est terminé par une citation « l’enfer est toujours pavé de bonnes intentions ».
Il ne tient alors qu’a nous de créer un espace où la personne que nous accompagnons pourra de façon « conscientisée » être décideuse de son avenir qu’elle choisisse la voix de la normalisation ou une plus alternative.
Julien pour acte(s) là
19:13 Publié dans Débats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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