02.07.2008
bilan du mouvement
Voici un petit bilan qui reprend les grandes lignes de notre mouvement, tant dans l'évolution de ses réflexions, que dans son organisation.
Quelques dates clés:
– 31 janvier 2008 : sortie du décret relatif à la gratification des stages (mesure de la loi sur l'égalité des chances de 2006)
– 27 février 2008 : sortie de la circulaire de la DGAS qui vient interpréter le décret pour le secteur social
– 21 avril 2008 : Xavier Bertrand rédige une circulaire précisant que l'État s'engage à prendre en charge le financement de la gratification pour les structures qu'il finance.
POSITIONNEMENT
Le mouvement a pris forme au mois de mars. Les lieux de stages commençaient à bloquer leur entrée aux étudiants. Après la situation d'urgence, l'étude du décret nous fit réagir: celui-ci apparaissait discriminatoire et inégalitaire. Il ne concerne que le secteur privé, les stages effectués dans le cadre d'études supérieures (ES, AS, EJE, ETS,...) et les étudiants bénéficiant des AFF ou ARE (Assedics) ou bien en cours d'emploi, ne peuvent bénéficier de cette gratification.
Lors de la première AG inter-écoles, trois revendications furent posées et restent inchangées à ce jour:
● égalité de traitement pour le privé et le public
● égalité de traitement quel que soit le statut de l'étudiant et son niveau de formation
● gestion et versement par un organisme tiers
Après plusieurs rencontres inter-écoles au niveau local, régional et national, les réflexions s'étendirent à l'avenir de nos formations ainsi qu'au devenir de nos métiers.
Les formations des travailleurs sociaux:
D'abord, le décret du 31 janvier 2008 vient poser plusieurs questions et amener diverses craintes quant à l'avenir de nos formations:
– Remise en question du statut d'apprenant : nous craignons que la gratification ne vienne légitimer l'apport productif du stagiaire et fasse disparaître les périodes d'observation et de réflexion, nécessaires à nos métiers.
– Mise en concurrence entre les stagiaires : pourquoi ne pas privilégier un stagiaire non soumis à la gratification? Ou bien préférer quelqu'un qui a des connaissances plutôt qu'un novice?
– Mise en danger du principe de formation par alternance : nous craignons que nos formations ne soient poussées vers le cursus universitaire (moins coûteux et davantage rentable) et que le principe d'alternance ne tende à disparaître.
D'autres constats sont à noter. Le mouvement a permis aux étudiants du secteur social de se rencontrer quelque soit leur école ou leur formation. Il nous semble intéressant et important de pérenniser ces rencontres et de les inscrire dans la culture de nos formations.
Le mouvement a également mis en avant le manque cruel de discussion entre les équipes pédagogiques et les étudiants. Là aussi, nous considérons qu'il est important de tirer les bonnes leçons et de privilégier le dialogue entre ces deux parties.
Il est important de signaler que nous avons mis du temps avant d'étudier les textes et les possibles recours administratifs et juridiques dont on disposait. Le résultat est que les délais étaient déjà passés (ex: recours au Conseil d'État possible pendant les 2 mois qui suivent la sortie du texte de loi).
L'action sociale
Les temps d'échanges et de réflexion, instaurés par le mouvement, ont également jouer un rôle sur notre questionnement quant à l'avenir de nos métiers et du secteur social.
Là aussi divers constats sont à noter :
– Le cadre législatif : l'action sociale est de plus en plus régie par des lois qui prônent la délation, la répression et une politique de résultats. Nous questionnons alors la mise à mal des valeurs et du sens de nos métiers.
– Les moyens : nous remarquons que les structures sociales et médico-sociales ont de moins en moins de moyens (financiers et humains) pour répondre aux difficultés des personnes. Nous nous posons également la question de l'engagement du secteur dans la formation de ses professionnels.
– L'action sociale : nous nous sommes aperçus de la difficulté à mobiliser les professionnels. Le secteur social apparaît comme illisible vis-à-vis du grand public et paraît manquer d'une base solide et unificatrice.
Au bout de trois mois de réflexion et d'action, le collectif Acte(s) là demande:
– la suspension de la circulaire d'application du décret relatif à la gratification des stages pour à terme exclure le secteur social de son champs d'application
– une concertation multipartite (État, centres de formations, professionnels, sites qualifiants, sites financeurs, TSF,...) pour trouver une solution pérenne et égalitaire pour tous (privé/public, quelque soit le niveau de formation et le statut), gérée et versée par un organisme tiers et assurant le principe de formation par alternance.
L'ORGANISATION
En bref, l'organisation de notre mouvement s'est faite de façon pyramidale. Très vite, deux représentants par école furent élus pour porter la parole des différentes promotions. Les AG inter-écoles restaient ouvertes à tous.
Au départ, le rôle des représentants ne fut pas très clair et ils devinrent vite les organisateurs du mouvement. Le constat qui a été fait est que les étudiants n'avaient plus vraiment de place dans le mouvement et donc se démobilisaient peu à peu.
Lors des blocages d'écoles et le début de la grève, nous nous sommes organisés en commissions de travail (préparation AG, préparation actions, communication,...). Ceci a permis à chacun de s'impliquer davantage dans le mouvement et de s'en sentir acteur. Certains regrettent que les représentants n'aient pas davantage été présents dans l'ensemble des commissions afin de faire le lien entre elles.
Lorsque les coordinations nationales se sont mises en place, le collectif a décidé de désigner un porte-parole fixe (faire le lien entre les différentes coordinations) et un tournant (pour amener un regard neuf et éviter le cloisonnement). Là aussi, nous avons dû réajuster le rôle de ces représentants car apporter simplement la parole des écoles ne suffisait pas à avancer dans les actions.
Ainsi, les écoles sont toujours restées souveraines. Le rôle des AG inter-écoles est de rassembler les positions et réflexions de chaque école pour en faire une régionale. Même principe pour la coordination nationale, il s'agit de regrouper les positions régionales pour en construire une nationale. Les positions nationales ou régionales sont ensuite redescendues dans les collectifs et les écoles. La décision d'adopter ou pas ces positions revient donc aux écoles et collectifs.
Afin de formaliser cette représentativité étudiante dans le secteur social, une association de travailleurs sociaux en formation est en création. Pour le collectif Acte(s) là, il semble primordial de consolider les échanges locaux et régionaux avant tout, sous la forme d'associations par exemple. Au niveau national, cela pourrait donc davantage se rapprocher d'une fédération d'associations de TSF. A notre sens cela éviterait à une poignée de personnes de prendre des décisions nationales sans réels liens avec les réalités locales.
ACTIONS À VENIR
Certaines promotions (ES3 St Simon) reprennent à la rentrée par leur stage. Il nous semble important que ces étudiants puissent rencontrer l'équipe pédagogique pour anticiper les difficultés à venir (certains stages gratifiés, d'autres pas, changement de projet de formation,...). Ainsi une réunion exceptionnelle sera demandée à la directrice de St Simon pour le 29 août (à confirmer).
Lors de la coordination nationale du 28 juin 2008 à Paris ont été décidés:
● Un week-end réflexion sur Albi les 13 et 14 septembre.
Pour préparer cet événement, les week-ends du 30/31 août et 6/7 septembre seront réservés pour l'organisation.
● La prochaine coordination nationale aura lieu les 26 et 27 septembre à Nancy
14:06 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
très bon récap du mouvement : BRAVO ! ! !
Ecrit par : aurélie | 03.07.2008
Beau boulot!
Ecrit par : simon | 03.07.2008
Ecrire un commentaire