24.02.2008

compte rendu du débat sur le paradoxe

Compte rendu du débat du 19 Février 2008 :

Le paradoxe : deux réalités contradictoires peuvent-elles coexister ?

 

 

Julien, qui a animé ce débat, est parti du support original d’un tableau de Dali intitulé « the great masturbator ».

 

Dans celui-ci, nous soulignons deux choses :

Ø      La présence d’une cigale et d’une fourmi, où nous supposons que la cigale est le sujet (qui chante tout l’été) et que la fourmi serait l’institution (qui vient soutenir le sujet non sans lui rappeler ses droits et ses devoirs et la nécessité de retrouver le Droit chemin…).

Ø      La représentation de l’homme et de la femme. L’un appelant à la fonction maternelle et l’autre à la fonction paternelle. Deux positions que nous sommes amenés à tenir dans notre métier. La première se rapprocherait de l’analyse de Winnicott avec une fonction de bienveillance que nous avons auprès du public (l’éducateur suffisamment bon ?). La seconde serait à regarder sous un angle lacanien autour de la notion de création de manque, de frustration et de symbolique. Cela soulève la question de l’exercice de l’autorité dans notre métier.

Ainsi, de ces deux notions se dégagent des positions éducatives, des actes éducatifs, des projets éducatifs mis en relief par des projets très diversifiés.

Si ce que je raconte vous paraît bien flou, je vous conseille la lecture d’un texte de Jean Cartry accessible sur Internet via le site Lien Social. Publication n°216 du 27 Mai 1993 intitulé « lettre ouverte d’un éducateur à un psychologue ».

 

 

Alors, si l’on se penche sur notre pratique à nous, qu’en est-il de ces positions paradoxales ?

 

Les personnes que nous accompagnons arrivent auprès de nous avec des carences éducatives, des handicaps, des difficultés sociales ... Sous couvert d’une commande sociale, d’une institution, d’un travail d’équipe et de ce que nous sommes en tant qu’individu différencié d’autrui, nous tentons de « restaurer » la personne. Or, si tout cela s’enchaîne clairement sur le papier, la réalité n’est pas aussi évidente car les intérêts de chaque partie ne semblent pas s’engager autour des mêmes objectifs. Pour le dire autrement, en apparence, politiques publiques, direction d’établissements et travailleurs sociaux devraient aller dans le même sens, mais notre discussion va faire naître un certains nombres de constats remettant en cause cette pseudo évidence.

 

Sur le principe, donc, la personne accueillie devrait rester provisoirement avec nous. L’objectif étant de les accompagner vers plus d’autonomie d’une part et d’intégration d’autre part. l’un et l’autre sont coordonnés depuis la loi de rénovation sociale de 2002 autour du projet individualisé. Cette loi, rappelons le vise à mettre l’usager au cœur du dispositif. Mais tout est question de nuance … (qu’en est-il lorsque le seul critère est celui de l’insertion professionnelle à tout prix ?)

 Au cœur du dispositif éducatif ? peut-être. Allant même jusqu’à exercer une pression sur des personnes pour qu’ils s’orientent alors qu’ils n’en sont pas en capacité à l’instant T pour diverses raisons (nous renvoyons ici à la question du temps nécessaire à l’individu pour se poser et l’intérêt souvent défendu du non-faire …). Pourtant, malgré la pression exercée sur les professionnels du secteur social, ceux-ci sont soucieux de la qualité de la relation amenée et se défendent de devenir des prestataires de service.

Au cœur du dispositif institutionnel ? le débat nous a amené à douté de cela. Ce vase clos n’est pas représentatif de la vie du dehors et la réalité sociale et loin de s’accorder avec la réalité institutionnelle. Rappelons, qu’à son origine l’internat, par exemple, avez vocation à enfermer, cacher, soustraire les miséreux, les malades, les délinquants de la société. Même si aujourd’hui une loi confirme que les politiques sociales veulent aller vers l’ouverture des structures, la réalité en est loin. Pour revenir au temps de prise en charge qui devrait être considéré comme une étape, cela fini souvent par une dépendance du sujet au système jusqu’à la fin de sa vie.

A ce propos, je vous conseille de vous reporter au livre de Yann Le Goff intitulé « le quotidien en internat ». je l’ai lu entre ce débat que nous avons eu et ma difficile tâche de vous rendre compte de ce qui s’y est dit ! Il pose ce paradoxe beaucoup plus clairement que nous. Au jour où la société génère de plus en plus de personnes ayant besoin de l’intervention sociale, au jour où une loi revendique une place à chaque personne, notre gouvernement n’augmente pas les effectifs de personnels, de structures et va même à l’inverse vers de nombreuses restrictions. Au vu d’un management d’institution qui se rapproche de plus en plus du management d’entreprise le constat est lâché : le social n’est pas rentable, pire il coûte trop cher, alors vient la politique des coupes franches budgétaires.

Le paradoxe, comme nous pouvons le voir, se trouve à bien des niveaux différents. Pour les personnes accueillies, pour les professionnels et les institutions.

L’un de nous fera d’ailleurs la même remarque que l’auteur cité précédemment : on masque les problèmes plutôt que d’y répondre. Et l’éducateur se retrouve partagé jusqu’à devoir se positionner entre son éthique et la réalité politique ! de quoi en décourager plus d’un d’entre nous si la profession ne s’organise pas plus que ça …

 

Je finirai sur la retranscription d’une des premières interventions de cette soirée : le paradoxe s’est de défendre une logique humaniste dans notre travail quotidien alors même que ce dernier est orienté par des décideurs à la logique économique …

 

Céline

 

Ps : un autre texte de référence de Christine mias, chercheur au groupe repère, intitulé texte sur les paradoxes du travail social.

 

 

 

21.02.2008

prochain débat jeudi 28 Février

Débat organisé par le collectif Actes là !

Sur : 

La Loi de protection de l’enfance

du 5 mars 2007 

 

Le Jeudi 28 Février à 19H00

Chez l’un d’ente nous,

Au 16, Bd Victor Hugo

Appartement 22

A Colomiers

Possibilités de covoiturages, contact si besoin de plus d’infos : 06.33.47.43.49

19.02.2008

Compte rendu de la réunion débat du 07 février 2008

« Quelle place pour l’acte éducatif en institution ? »

 

 

Lors de ce débat les échanges d’idées nous ont amené à mettre en lumière plusieurs questions concernant ce sujet de l’acte éducatif en institution.

 

-         L’acte éducatif doit il répondre à une commande sociale ? Dans quelle optique  normaliser ?

-         L’acte éducatif doit il être un moyen de donner les clés pour que les personnes que nous accompagnons soit maître d’œuvre de leurs propres choix ? Peut être dans des formes de socialisation alternatives ?

-         L’acte éducatif peut il se borner à l’institution et à sa commande ou peut il  dépasser ce cadre pour orienter la personne vers d’autres formes d’accompagnement ? L’acte éducatif est il alors politique ?

 

Outre ces questions qui seront développées plus tard ce qu’il ressort en premier lieu c’est que quelque soit la structure, l’institution dans laquelle l’éducateur travaille, son objectif est l’épanouissement de la personne.

 

Cet épanouissement de la personne en institution est il possible ? La marge de manœuvre de l’éducateur dans les différentes structures (CHRS, CADA, MECS)  permet-elle de poser les jalons d’une socialisation et d’une personnalisation pour les personnes que nous accompagnons ?

 

Ce débat comme je l’ai dis précédemment à fait apparaître des points de vue contradictoires (c’est toute la richesse de nos rencontres).

 

-Tout d’abord l’acte éducatif peut se situer dans une volonté normative dans un premier temps, pour ensuite que la personne concernée puisse accéder à une autonomie dans un second temps. 

L’exemple qui a été  développé  est l’accès à l’emploi. L’une d’entre nous travaille en CHRS et nous a montré que les « jobs » proposés au personnes et qu’elles ne peuvent refuser sont  des postes très dur physiquement et qui parfois peuvent même être dangereux pour leur santé.

Effectivement, on peut se dire dans que cet emploi n’est qu’une volonté politique pour réduire le nombre de chômeurs et la marginalité (garantir la paix sociale), mais par ce biais il peut aussi être mis en avant une prise d’autonomie.

On voit ici que la volonté politique de normaliser et d’insérer par n’importe quel moyen est assez désopilante et nous interroge, mais l’éducateur peut s’en saisir en ayant à l’esprit que cette normalisation peut permettre un épanouissement.

 

-L’acte éducatif doit il être une normalisation où bien peut-il être un acte de « conscientisation » pour permettre aux personnes d’avoir un regard critique sur le système sociétal ?  Ouvrir le champ des possibles en montrant d’autres formes de socialisation alternatives au modèle que la société propose fait partie intégrante de l’acte éducatif. L’un d’entre nous travaille en club de prév et à plusieurs reprises nous a montré que des actions qui permettent aux jeunes d’entrevoir la  société et pouvoir s’y inscrire sous des formes alternatives est un axe à envisager. Les jeunes qui ne se reconnaissent pas dans un modèle sociétal classique peuvent alors avoir une place dans notre société et y participer en tant que citoyens.

 

 

-Le dernier point aborder lors du débat  est celui de l’acte éducatif  comme dépassant les murs de l’institution.   L’ éducateur doit il se borner strictement au cadre légal ou peut il au fur et à mesure de sa pratique créer un réseau dans le but d’orienter les personnes le cas échéant vers d’autre formes d’accompagnement quand l’institution n’est pas en mesure de répondre à sa problématique. La question qui est posée ici est l’articulation dans notre métier entre la position professionnelle et une action militante. (être éduc est-il politique ?).

 

En guise de conclusion a été abordé l’acte éducatif dans sa dimension de la prise de conscience du sujet pour comprendre ses actes et y mettre du sens. Ne pas vouloir pour l’autre, lui laisser la place pour son imagination, sa création, son choix. 

Ce débat s’est terminé par une citation «  l’enfer est toujours pavé de bonnes intentions ».

Il ne tient alors qu’a nous de créer un espace où la personne que nous accompagnons pourra de façon « conscientisée » être décideuse de son avenir qu’elle choisisse la voix de la normalisation ou une plus alternative.

Julien pour acte(s) là

08.02.2008

Date du prochain débat mardi 19 Février

Débat organisé par le collectif Actes là !

Sur le thème :

 

Le paradoxe dans le travail social.

Deux réalités contradictoires peuvent elles

coexister ?

 

Le Mardi 19 Février à 19H00

Chez l’un d’ente nous,

Au 27, Place Dupuy

A Toulouse, Métro François Verdier

Contact si besoin de plus d’infos : 06.33.47.43.49

 

Actes là !

Espace des travailleurs sociaux pour un contrat social et solidaire

05.02.2008

COMPTE RENDU DU DEBAT SUR LES ECRITS PROFESSIONNELS

« Ecrire c’est trancher entre soi et le réel. Je conçois mon travail d’éducateur spécialisé comme un va et vient régulier entre le vécu et l’écrit, l’émotion et la pensée, le savoir intuitif et le savoir de connaissance. » Jean Cartry

Jean Cartry est éducateur spécialisé. Il est, avec sa femme également éducatrice spécialisée, famille d’accueil thérapeutique pour des enfants confiés par les services sociaux. Il a notamment écrit  « Le cahier du soir d’un éducateur ».

 

Dans nos pratiques professionnelles, de plus en plus, nous sommes amenés à produire des écrits.  Le pluriel prend là tout son sens, car c’est bien la pluralité de nos écrits que nous avons évoqué durant ce débat. Un texte écrit pour soi n’a pas le même sens que celui destiné à nos collègues, encore bien différent de celui qu’on enverra à un juge.

L’acte d’écrire semble être très lié à l’expression et à la sublimation de nos émotions. Ecrire permet une prise de distance avec ce que l’on vit dans l’instant de la relation à l’autre, nécessairement teinté d’affects et d’émotions. L’éducateur est constamment à la recherche d’un équilibre entre sa part d’affects mis en œuvre dans la relation à autrui et sa part de professionnel, qui implique rationalité et savoirs théoriques. En ramenant à la conscience ce qui est de l’ordre du ressenti, en le pensant, il devient alors possible de lier ces deux parts.

Une exigence éthique devrait faire de la personne sur laquelle nous écrivons notre premier lecteur ou auditeur. Il s’agit là de traiter l’autre comme un sujet et non simple objet du traitement institutionnel, dépossédé de sa propre histoire et du discours sur sa personne. L’écrit devient alors un moyen parmi d’autres pour faire percevoir à l’autre ce que l’on a perçu et compris de lui. On peut aussi ajouter qu’autrui joue ici le rôle de « garde fou » pour un discours qui pourrait être parfois tenté de s’éloigner de la réalité. F. Deligny raconte qu’il amenait toujours un gosse ou deux lors de ses conférences…. Ce qui lui évitait de dire quelques bêtises ! Ainsi, nous sommes les témoins de ce que l’enfant vit, et lui-même devient le témoin de notre discours sur lui.  Il est d’autant plus essentiel d’avoir des « gardes fous » que l’écrit peut être source de pouvoir sur autrui. N’oublions pas qu’un simple texte, notamment lu par une instance décisionnelle (ASE, juge, psychiatre, etc.) peut avoir des conséquences sur toute une vie. A une moindre échelle, l’écrit peut venir figer la personne dans le regard de l’autre…Gardons nous d’enfermer les gens dans des cases…

Le cadre actuel (démarche qualité, etc.) tend à nous demander toujours plus d’écrits. Certains d’entre eux nous apparaissent parfois comme dénués de sens car, trop standardisés, il ne traduisent pas les réalités que nous vivons. D’autres nous apparaissent comme potentiellement dangereux car, à l’instar des bases-élèves dans les écoles, ils pourraient vite devenir des instruments de contrôle. Il semble essentiel, afin que nous puissions rester maître de nos discours, de créer nos propres outils de travail, au risque sinon de nous les voir imposer.

Ajoutons que ce métier nous amène aussi à être témoin de réalités sociales, à être récepteur de paroles, que notre rôle est  peut-être aussi de porter et de transmettre. Chacun de nous a une responsabilité vis-à-vis de ce qu’il voit et entend. Un des termes-clé apparu lors du débat est celui de l’engagement qu’implique le fait d’écrire. Ecrire, c’est, à un moment, prendre position, poser un acte qui nous engage vis-à-vis d’autrui et de la société.

Adèle

30.01.2008

date du prochain débat jeudi 7 Février

Débat organisé par le collectif Actes là !

Sur le thème :

 

Quelle place à l’acte éducatif en institution ?

 

Le Jeudi 7 Février à 19H00

Chez l’un d’ente nous,

Au 16, Bd Victor Hugo

A Colomiers

Contact si besoin de plus d’infos, adèle : 06.33.47.43.49

 

Actes là !

Espace des travailleurs sociaux pour un contrat social et solidaire

20.01.2008

Débats sur les écrits professionnels

Débat organisé par le collectif Actes là !

sur le thème :

 

Ecrire, c’est trancher entre soi et le réel.

Je conçois mon travail d’éducateur spécialisé comme un va et vient régulier entre le vécu et l’écrit, l’émotion et la pensée, le savoir intuitif et le savoir de connaissance.

J. CARTRY

 

Le mardi 29 Janvier à 19H00.

A la cendraille, 20 minutes de Toulouse

Nous contacter pour covoiturage : 06/23/36/36/65

Faites nous savoir si vous y allez avec votre voiture.