01.02.2008
L’arbre dans le désert
L’arbre était-il mort dans le désert ?
Tout laissait penser qu’il n’était plus en vie
On ne savait pas de quel arbre il s’agissait
Il n’était pas très grand
Mais il semblait quand même avoir bien démarré dans la vie
Un tronc, quelques branches
Il n’avait ni torsion, ni blessure en son bois
Avec le temps, l’arbre était devenu lisse et blanc
De quoi était-il mort ?
Il était mort de la solitude du monde
Il était mort de la haine des hommes
Il était mort d’avoir eu soif, d’avoir eu faim
Petit enfant du désert est passé par là
Il a vu l’arbre dans son désert
Il s’est approché de lui, l’a regardé
Avec ce regard que seul les enfants ont
Il a fait le tour de l’arbre, l’a caressé
L’enfant est parti
Puis plus tard, l’enfant est revenu
Il portait sur sa tête une jarre d’eau
L’enfant est allé vers cet arbre mort
Il s’est penché, il s’est mis à l’arroser
Cet enfant était-il devenu fou ?
Arroser un arbre mort dans le désert ?
Mais l’homme a perdu la vue depuis longtemps !
L’enfant lui a vu, il a vu la toute petite pousse
A l’ombre de l’arbre mort
Celle qui prend vie, celle qui s’enracineCelle qui à besoin d’être nourrie.
Pour Acte(s) là !
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21.12.2007
Acte(s)là-Pourquoi ce nom ? (enfin lisible)
Acte(s) là !
Ou
d'où nous est venu ce nom ?
Cette injonction, Acte(s) là !, faisait partie des propositions élaborées en groupe lors d'un mini « brain storming » organisé pour trouver un nom à ce blog. D'autres propositions s'étaient faites remarquer : Un-Des-Sens, le C.R.I. (Comité de Réflexion et d'Information), etc. Pour la plupart, elles étaient déjà utilisées par d'autres associations ou pas assez parlantes pour rendre compte de notre démarche.
Acte(s) là ! Avait le mérite de ne pas être employé et de vraiment bien correspondre à notre état d'esprit :
Tout d'abord, d'un point de vue sémantique, cette expression correspond à un champ conceptuel qui est justement mis à mal dans un secteur social et médico-social qui nous concerne tous : j'évoque ici le champ de la clinique. En effet, si le mot Acte a déjà fait couler beaucoup d'encre théorique, c'est principalement lors des tentatives cliniques d' « explication » (d'appréhension) de l'agir humain.
D'ailleurs, si nous devions choisir une définition du mot Acte, nous pourrions choisir celle-ci : « L'acte est une prise de position. C'est ce qui permet au sujet de se transformer lui-même (...) le sujet s'affranchit des limites du cadre symbolique (...) mais c'est pour, d'une autre place en fonder un autre (...) l'acte accompli, il appartient au sujet d'en mesurer les effets, d'en retrouver les raisons, d'en rendre compte, d'en assumer les conséquences, de produire, après, le discours qui rend compte de la précipitation de l'avant » (Francis Ratier, Des actes qui parlent et ne veulent rien dire, dans Les carnets de FARE, La violence des enfants et des adolescents. Textes des soirées du jeudi, 2003-2004, p.80).
L'acte est une prise de position, un avis donné, un serment, un engagement de soi vers un changement du cadre symbolique qui nous envirronne. Il en coûte d'agir pour ses idées. Cet agir peut être un écrit, une expression, un « au-delà des beaux discours ». Nous concernant, puisqu'on l'a dit on le fait, et ça commence par ce Blog où nombre d'entre nous pourront agir à leur façon ; ça c'est dit par le petit (s) qu'on a mis après acte, c'est une place réservée au pluriel qui est la vôtre. Ainsi notre acte fera des petits qui grandiront ensemble pour devenir, qui sait, un seul et même grand acte qui fera parler de lui pour avoir changé notre cadre symbolique à tous.
Acte(s) là ! C'est une injonction : « stop, arrêtez-vous, réflechissez un peu ».
En effet, comme elle rappelle l'expression « Halte-là », elle invite, elle aussi, à l'arrêt, à la pause. Mais le mot acte remplaçant le mot halte , cette invitation à s'arrêter se double d'une invitation à agir. S'arrêter pour agir, s'arrêter avant d'agir... réflechir avant d'agir ! ...et donc de ne pas être qu'un simple exécutant.
Une invitation à l'arrêt et à la vraie prise de position qui ne peut être que de bon conseil dans ce tourbillon qui nous cerne tous : tourbillon de mesures prises dans tous les sens, de valeurs vidées de leur substance, de discussions stériles où personne ne s'engage, où les intermédiaires sont démultipliés pour tuer la parole au singulier, où les actes rapportés au niveau macro ne veulent plus rien dire, où les sujets ne sont plus entendus tant il importe qu'ils aillent vite rejoindre les petites cases d'une insertion dont ont a définis les critères pour eux....
Voilà brièvement, et entre autres choses, ce que peut évoquer l'expression Acte(s) là ! pour nous. Et pour vous, qu'évoque-t-elle ?
Loïc
Pour
Acte(s) là
17:40 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Clinique or not clinique (en lisible cette fois)
Nous ne nous destinons pas exercer la fonction de psychologue. Il y a pourtant, dans le vocabulaire des éducateurs spécialisés, beaucoup de termes empruntés à la psychologie. C’est le cas du mot « clinique ».
C’est un mot qui revient dans beaucoup de nos débats, notamment pour qualifier une certaine posture vis à vis du sujet, de l’usager, de la personne que l’on accompagne dans notre pratique.
Vu de loin, schématiquement, une posture « clinique » serait particulièrement respectueuse de ce sujet, attentive à son histoire singulière, et donc à opposer à une posture plus technique basée sur l’utilisation de réponses préétablies et prêtes à l’emploi en fonction de grandes catégories d’inadaptations.
Ainsi le terme « clinique » est souvent mis en avant par un certain nombre de nos confrères (et par moi- même je l’avoue) pour défendre une certaine ligne de conduite, que nous imaginons éthique, et qui nous sert à signifier notre refus d’une catégorisation excessive des troubles et des réponses à leur apporter.
Mais il me serait difficile de définir précisément ce terme, la « clinique ». Qu’est-ce que ça veut dire EXACTEMENT ? Pour éviter un emploi galvaudé, je vous propose ici une petite tentative de définition.
*****************************
Au départ, le terme « clinique » désignait la position du médecin vis à vis du malade : « Clinique se dit, en effet, à en croire tous les dictionnaires, de l’observation faite au lit de malade (…) cette situation, où le médecin est au lit du malade, armé de sa seule présence, et n’utilisant que ses organes sensoriels (…) Hippocrate était clinicien (…) il apprenait à des étudiants (…) l’art d’observer les symptômes, lesquels exprimaient à ses yeux les réactions d’une personnalité à une agression pathogène.1 »
Aristote, le fondateur de la logique, se distinguera déjà de l’enseignement d’ Hippocrate, en instaurant une pensée basée sur la « généralisation et (la) rationalisation ».
Bref, cette précision concernant la situation du médecin, permet aujourd’hui de distinguer le clinicien du médecin de laboratoire, qui travaille sur des échantillons, au microscope et qui n’est en tout cas pas au chevet du malade.
Concernant la psychologie on retrouvera au cours de son histoire théorique toute une répétition de confrontations entre psychologie clinique et psychologie expérimentale, psychologie clinique et thérapeutique, psychologie clinique et médicale, ou encore clinique et biologique, etc etc etc etc…
En France, la psychologie clinique prend officiellement effet lors d’une conférence présentée par Daniel Lagache en 1949. Les deux références majeures à être restés sont alors Pierre Janet et Jean Piaget.
Le premier (Pierre Janet), pour s’être distingué du monde de la médecine (un peu viré de la Salpêtrière à l’époque quand même –1910) et avoir défini la psychologie comme « science des conduites (avec) obligation d’étudier les « conduites supérieures », celle où se développent connaissance et créativité, implique une psychologie clinique qui n’est pas une psychologie médicale » . L’expression « psychologie clinique » elle-même ne venant sous la plume de Janetqu’au cours d’une petite note qui n’a pas, à l’époque (1896), été remarquée par Daniel Lagache and Co. Dommage car le courant aurait pu prendre appui sur ce considérable ouvrage de Janet (De l’angoisse à l’extase) pour d’ores et déjà rattraper son retard sur les élaborations Anglo-Saxonnes de l'époque.
Le second, Jean Piaget, « est généralement évoqué pour ses remarques (…) sur la « méthode clinique » ou « l’examen clinique », tel qu’il les formule au début de sa carrière, notamment dans La représentation du monde chez l’enfant (1926). »
Son penchant pour la psychanalyse lui permet de croire en une psychothérapie « clinique ». Il croit en un juste milieu entre « les tests, artificiels et faussement neutres, et « l’observation pure » » telle qu’on la trouve en Psychanalyse. Par exemple, Piaget défendra l’idée d’une prédominance affective dans les possibilités de l’enfant d’acquérir certaines capacités logico-mathématiques.
Au final, nous retiendrons donc comme proposition celle de D. Lagache, qui est celui qui a officiellement défini la psychologie clinique : « celle-ci devra proposer un mode d’approche de la personne plus global que celui de la psychologie expérimentale. Elle devra affirmer l’existence d’objets et de méthodes propres, face à la médecine et à la psychiatrie, dans l’approche des phénomènes pathologiques. Elle devra définir un champ de pratique et de recherche beaucoup plus élargi que celui de la psychanalyse.
D. Lagache définit la psychologie clinique comme une discipline fondée sur l’étude approfondie de cas individuels. Son objet est « l’étude de la conduite humaine individuelle et de ses conditions (hérédité, maturation, conditions physiologiques et pathologiques, histoire de la vie), en un mot, l’étude de la personnes totale « en situation ». Envisager la conduite dans sa perspective propre, relever aussi fidèlement que possible les manière d’être et de réagir d’un être humain concret et complet aux prises avec une situation, chercher à en établir le sens, la stucture et la génèse, déceler les conflits qui la motivent et les démarches qui tendent à résoudre ces conflits … ».2
Nous pouvons donc constater que nos a prioris initiaux n’étaient pas si loin des définitions officielles : l’approche clinique est animée par le désir d’appréhender ce qui concerne directement le sujet dans une situation, en faisant les liens entre conduites, histoire et contexte… il s’agit de réinstaurer du sens.
Il nous arrive bien souvent de vouloir agir sur les conséquences sans chercher de sens aux troubles manifestés : on rééduque, on biseaute les angles, on travaille les représentations, on normalise ! On compile des sommes de comportements « adaptés », et des piles de comportements « non-adaptés », « déviants », ..., et il nous arrive, parfois pris dans le quotidien de notre pratique, ou préssés par la commande sociale, de vouloir intervenir directement sur ces comportements qui, d'après nous, « clochent ». Problème d'insomnie, tiens un p'tit cachet... Problème d'agressivité ? Même réponse... ou alors conditionnement par la sanction... Problème scolaire ? « ah ben il est nul çui là dites donc, vite, cours de rattrapage »... Actes délictueux à répétition ? « Que voulez-vous, c'est de la mauvaise graine ! Peines planchers pour tous ! C'est ma tournée ! ».
Bien sûr je schématise...
Mais on comprend mieux cet intérêt de notre profession pour la clinique, pour cette considération de l’autre dans son entièreté, en se mettant à son chevet, avec souci de l'histoire de l'autre et goût pour la recherche de sens.
Je pense effectivement que cette considération peut faire office de ligne de conduite dans notre métier d’éducateur spécialisé car nous travaillons au côté de médecins, de psychiatres, ...de techniciens en tout genre, et même si nous ne sommes pas psychologues « cliniciens », c’est à partir d’une élaboration de notre posture « clinique » que nous pouvons permettre à l’autre de s’extraire d’une position d’ « objet » de la science des autres… pour devenir sujet.
Car notre exigence « clinique » nous aura permit de le considérer en tant que sujet ;
Un sujet est en vie, il met à mal nos classifications ! En fait, il nous permet de comprendre que un « SDF » ça n’existe pas, un « adolescent » ça n’existe pas, un « demandeur d’asile » ça n’existe pas, un « fou » ça n’existe pas, un « éducateur » ça n’existe pas.
Risquons nous nous aussi à notre rupture avec la pensée aristotélicienne et son réflexe nosographique et logique de classification (nous connaissons l’intérêt des marchands de santé et de paix sociale à classifier les troubles pour pouvoir tarifer les interventions correspondantes de façon plus aisée...) et intéressons-nous aux nombreux pourquoi(s) du comment.
Quitte à prendre les mêmes décisions, au moins, nous nous serons promenés dans la question.
Allez, une petite dernière pour la route :
Clinique (psychologie) : Branche de la psychologie qui se fixe comme but l’investigation en profondeur de la personnalité considérée comme une singularité.
Grand dictionnaire de la psychologie, Larousse, édition 1996.
Loïc Mansuéla
Pour
Acte(s) là
1 Claude-M. Prévost, La psychologie clinique, Presses Universitaires de France, Paris, 1988, 4ème édition corrigée, 1997, novembre.
2 A. Ciccone, et D. Lagache cité par A. Ciccone, dans L’observation clinique, Dunod, Paris, 1998, p10.
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08.12.2007
A bout de souffle
Alors comment expliquer, que dans ce contexte d’attaque franche du système de solidarité mis en place à l’après guerre, socle de la société française, et de son vivre ensemble, les mobilisations soient si diverses, et si peu convergentes et finalement si fragiles.
Il me semble que cet état de fait est de toute évidence multi factoriel, mais j’insisterai ici, pour les faits qui nous occupent, sur l’effritement et la confusion qui règne chez nos représentants syndicaux et politiques, et par voie de conséquence dans la masse laborieuse qui se « lève tôt ». En effet, depuis la fin des 80’ et le second choc pétrolier la France est officiellement entré en crise. Cela se manifestera notamment par l’apparition de 3 millions de chômeurs au début des 90’, ce qui est un effet non négligeable de la fragilisation des solidarités préexistantes. Particulièrement dans la transformation du rapport de force Salarié/patron.
Ce rapport de force devrait être contrebalancé par les syndicats, libre d’agir dans notre démocratie. Oui mais voilà, comme toute organisation, les syndicats veulent survivre, et les transformations socio-historiques de ces 20 dernières années (crise industriel, délocalisation, effondrement du PC, du bloc de l’est, mondialisation…) ont poussé ceux-ci a changé de cible, et donc de discours. Ainsi dans les orientations de la CGT, il est clairement affiché l’envie de reconvertir une base majoritairement prolétaire, en cadre de la fonction public et du privé. Il en résulte forcément une confusion entre une base empreinte de radicalité et une représentation nationale qui affiche clairement ses affinités politiques, et qui est sans arrêt dans le compromis, ou comme on pourrait nous l’expliquer « réaliste ».
De plus l’Europe a considérablement appauvri la fonction et le pouvoir d’agir de nos états nationaux, et donc de nos représentants politiques. Nous pourrions tout simplement résumer cet état de fait comme un transfert du pouvoir décisionnaire d’une instance national vers une instance supranationale. Le monde diplomatique titrait dans un de ses mensuels de l’année 2001 : « A quoi sert-il de voter après Barcelone 2001 ? », sommet européen qui entérinait toute les réformes misent en place depuis plus de 5 ans (retraites, privatisations…), signé par les dirigeant socialistes, et qui parcourent à ce jour tous les états européens (Cf. Plan 2010 en Allemagne). Il me semble que c’est ici, que l’on trouvera le plus d’échos aux ressentis qui fait suite à cette manifestation. De réformes « nécessaires », en « réajustements structurels », le discours politique et médiatique est empreint d’une fatalité, d’un désenchantement auquel la gauche est temporairement dans l’incapacité de donné du sens. Mais, surtout, elle peine a construire une alternative crédible au libéralisme. Entre flou, ou mollesse idéologique, la mobilisation d’aujourd’hui dans la confusion, et parfois dans le corporatisme de ses revendications, prend l’allure d’un baroud d’honneur, avant la grande débandade qui fait suite aux grandes défaites, où chacun, comme il le peut, essaye de sauver le peu qu’il lui reste.
Bruno
pour Acte(s) là !
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21.11.2007
Témoignage sur l’accueil en urgence !
Si l’on considère le mot urgence dans son évolution historique jusqu’à son sens actuel, la nécessité d’agir vite est l’élément fondateur de ce terme ; proposer une intervention et des soins rapides. Sa filiation avec les spécialisations médicales est donc un élément qui lie la notion d’urgence au besoin d’apporter une aide immédiate, exécuter un geste précis qui peut sauver une vie. Comment alors, au regard de cette définition, associer la notion d’urgence à un service social qui travaille auprès d’adolescents en grande difficulté avec leur environnement familial, social et/ou culturel ? De plus, les missions de l’accueil d’urgence découlent du triptyque : Accueil, Observation, Orientation. Trois axes qui forment le support immuable de l’ensemble des projets. Des questions évidentes apparaissent alors :
Quel temps pour l’accueil ?
Quel temps pour l’observation ?
Quel temps pour l’orientation ?
La question de temps pose les limites de la notion d’urgence. Comment alors organiser au mieux ces différents temps pour rendre le séjour de ces jeunes structurant, y a-t-il urgence à gérer l’urgence ? La prise en compte de la dimension psychique et post traumatique qui se dégage de la rencontre avec l’autre dans le cadre d’un tel accueil doit permettre l’apaisement de l’adolescent. Les axes de travail de l’éducateur ont alors à voir avec les questions du fondement identitaire, de la filiation, de l’histoire du sujet, de la construction et de l’estime de soi dans un travail de lien. Autant de difficultés majeures ne se traitent pas dans l’urgence. Il s’agit alors de commencer à construire, à reconstruire et à garantir le suivi d’un projet ancien ou nouveau. Tout cela dans un temps où la réaction au placement fait émerger de l’angoisse et du vide. Une fois encore, l’éducateur est plongé dans le paradoxe de la temporalité de la prise en charge et de la période nécessaire à la reconstruction d’une personne. Paradoxe avec lequel l’éducateur doit, autant que faire se peut, apprendre à composer.
Boris
Pour Acte(s) là !
20:10 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Et si les enfants pouvaient en parler !
Dessines moi un projet.
Un projet qui me laisse espérer et désirer.
Sorts moi de cet espace que tu ne remplis que d’une idéologie du dévouement, de la disponibilité et de la règle.
Rends-moi espoir mais ne me prive pas de liberté.
Ton temps m’importe peu, ne soit pas toujours à mes côtés.
Montre-moi que tu crois en moi sans me demander plus qu’à très propres enfants.
Ils ont un père eux. Moi je n’en ai pas.
Evites moi la déliquescence des voies que d’autres veulent tracer pour moi.
Aide-moi à devenir ce que je peux être de mieux.
Un jour je serais un adulte et il aura le visage de l’enfant que tu as aidé à grandir.
Boris
Pour Acte(s) là !
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28.10.2007
Présent’action
« Acte(s) là! » est un collectif de travailleurs sociaux en formation à l’Institut St Simon de Toulouse.
Nous nous inscrivons dans une vision critique et réflexive de nos formations et de nos pratiques professionnelles, toutes deux induites par les politiques et la commande sociale.
Le mode de fonctionnement de ce collectif est basé sur l’échange, la coopération et le consensus.
Les réunions sont organisées hebdomadairement, elles rassemblent le comité de pilotage ainsi que des personnes souhaitant participer aux débats.
Votre participation n’est pas simplement liée à votre présence. Vos écrits, vos témoignages, vos réflexions, vos observations sont autant de suggestions qui viendront alimenter notre démarche. Elles feront l’objet de toute notre attention et seront publiées sur le blog après décision du comité de pilotage, comme tout acte posé par le collectif (contact : acte-s-la@hotmail.fr).
Acte(s) là !
14:20 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Nous voilà rassuré(e)s…
Lors du dernier Conseil de la Vie Sociale, le 11 octobre 2007, Mme Tutard, directrice de l’institut St Simon, a confirmé aux représentants de promotions qu’un audit était en cours au sein de l’établissement. Elle a pris le soin de nous signifier les motivations ayant induit une telle décision et nous a assuré qu’un « élève » serait auditionné.
« Elève » -nous préférons stagiaire- qui « représentera » l’ensemble des individus en formation, tous sites, tous statuts et toutes filières confondus. Ni plus, ni moins.
Les délégués de promotion ont, alors, manifesté leur mécontentement face à la modeste considération de la parole des stagiaires, d’une part, et face au choix de laisser faire le hasard dans la sélection du stagiaire ultérieurement entendu, d’autre part.
Suite à ça, il a été décidé de nommer un des stagiaires présent dans l’assemblée. J’ai, de ce fait, été convoqué, le mardi 16 octobre 2007, pour exposer le point de vue de l’ensemble des stagiaires en formation.
Durant cet entretien, il m’a été expliqué, par le représentant du cabinet de conseil, que face à un déficit budgétaire récurrent, l’ARSEAA (association gestionnaire) avait commandé cet audit dans le but de proposer des outils permettant une meilleure gestion de l’institut. Il a ajouté que c’est à sa demande qu’un « utilisateur » du prestataire de formation était entendu ; puisque nous sommes à la fois sa « production » et l’un de ses financeurs.
Il m’expliqua que l’enjeu de cette analyse organisationnelle était de répondre à la question suivante : « comment être en mesure de fournir des offres de formation équivalentes dans le cadre du contexte actuel ? ». Sous-entendu, contexte financier.
Malgré cela, il affirma que l’entrée principale ne se situait pas d’un point de vue financier, mais « opérationnel ». Il ne s’agit pas (encore) de garantir des ratios investissements-bénéfices, mais tout simplement de bien « gérer », de bien « administrer », de rationaliser. En un mot, bien « manager ».
Face à mes inquiétudes, il me garantit que les effets ne se feront pas sentir sur un plan pédagogique puisque sa mission ne prend pas en compte et ne remet pas en cause le contenu pédagogique de nos formations. Ainsi, les fondements historiques, théoriques et culturels seront préservés…dans la mesure du possible.
On peut se poser la question de savoir comment des modifications organisationnelles n’influeront pas sur la forme et/ou le contenu de nos formations.
Donnons deux exemples dont il a été question lors de cet entretien.
Le premier concerne l’émargement quotidien des stagiaires. A ses yeux, il pose problème car il est difficilement contrôlable et cela induit des difficultés dans la facturation des journées de formation adressée aux financeurs (Conseil Régional et dans une moindre mesure, la DRASS). Cela est tout à fait entendable et si un problème d’absentéisme peut être relevé, il est également vrai que cela remettrait, un peu plus encore, le principe de responsabilité individuelle, déjà mis à mal, dans le parcours de formation prôné par l’institut.
Imposer un contrôle strict des émargements dans un souci financier impliquerait, de fait, un contrôle strict des individus et entérinerait un rapport de méfiance accru à l’égard des stagiaires. N’a-t-on pas d’autres alternatives pédagogiques que la carotte et le bâton ?
Le second exemple que j’évoquerai, ici, concerne le statut de nos formateurs. En l’espace d’un an, le nombre de formateurs en CDI est passé de 90 à 80 et de 650 à 680, pour les vacataires (cf. Livrets d’accueil 2006/2007 et 2007/2008). Il est facile de comprendre que ces choix ont été dictés dans un souci d’économie, et que ce sont ces mêmes soucis qui ont engendré la commande et la conduite de cet audit. On peut, alors, aisément imaginer ce qui pend au nez des formateurs…et des personnes en formation.
En effet, ces « formateurs occasionnels » sont, par définition, présents de façon perlée et souvent en attente d’un contrat moins précaire, ici et surtout ailleurs. Cela pose le problème de la continuité dans l’accompagnement des stagiaires, mais aussi d’un engagement, naturellement, moindre et plus frileux de leur part.
Si, au vu des difficultés financières de l’institut St Simon, nous sommes conscients de réajustements nécessaires pour assurer sa pérennité, nous sommes également conscients de notre place « d’utilisateur » et de financeurs de ce même établissement. C’est pourquoi, nous continuerons d’informer nos pairs des enjeux en cours au sein de l’institut St Simon. C’est, aussi, la raison pour laquelle nous demandons à la direction que les décisions ne soient pas prises par le comité de pilotage, composé du Directeur Général de l’ARSEAA, du Directeur financier de l’ARSEAA, d’un membre du Conseil d’Administration et de la Directrice de St Simon et mis en place dans le cadre de cet audit, sans que l’avis des principaux concernés ne soit entendu et, dans une certaine mesure, pris en compte.
Vincent
Pour Acte(s) là !
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14.10.2007
Nous ne ferons que…
Dès l’aube, nous nous sommes amarrés aux abords de notre petite conscience. Nous avons regardé le monde à travers son épaisse brume pour constater qu’il n’était plus tout à fait le même qu’hier. Ce bref constat n’était pas simplement lié au principe même de l’évolution de notre espèce. Il était, à l’évidence, également lié aux parfums de moins en moins dissimulés d’un monde toujours plus économique. L’individu lui-même, contaminé par ces nouvelles contraintes, semble rationaliser jusqu’à sa propre pensée. Il espère trouver, dans cette nouvelle forme de conscience, un confort personnel qui l’installera à bonne distance des vicissitudes de notre histoire. Ne plus penser à l’autre et profiter, jusqu’à ce qu’un autre ne pense plus à nous. Ceci étant le précepte simple de l’économie qui découle d’une analyse élaborée sur l’individualisme. Après tant de chemin, qui aurait pu croire que l’humanité serait réduite à l’uniformisation des comportements dans ce qu’ils ont de plus archaïques ?
Aujourd’hui, nous sommes tous pris dans la fièvre du libéralisme. Plus personne ne peut briguer un soupçon d’indépendance. Bien ! Qu’il en soit ainsi ! Toutefois, il me semble important, au risque de passer pour des personnes arrogantes et déplacées, de nous transformer en grains de sable. Grains de sable munis de parole et qui apparaîtront comme des incongruités dans les rouages déshumanisés des sphères décisionnelles. Nous ne ferons qu’être vigilants, nous ne ferons que réfléchir, nous ne ferons que questionner, nous ne ferons qu’informer. Nous poserons sans prétention, un regard simple sur les agissements de ceux qui
dirigent. Non pas pour les importuner mais pour que tous nous comprenions de quoi demain sera fait. Cette démarche nous l’aurons en tant que citoyens, même si ce terme reste à redéfinir, mais également en tant que professionnels de secteurs où l’accompagnement de l’humain est prégnant. Aujourd’hui nous sommes dans l’obligation de constater que les valeurs humanistes qui ont jusqu’ici porté la profession sont à leur tour sacrifiées sur l’autel de la logique économique. Quelle sera alors notre mission dans l’avenir si l’accompagnement de personnes en difficultés devient une valeur marchande ?
Notre réflexion n’a rien de politique. Elle pointe simplement le problème de dissociation entre le motif de notre engagement professionnel et les objectifs financiers qui concernent les décideurs. Le métier d’éducateur spécialisé semble être d’un exercice difficile au vu de cette dichotomie. Il en sera vrai également pour tous les métiers de l’humain. Nous souhaitons au travers de ce blog balayer un ensemble de points de vue des différents acteurs concernés par cette situation. Nous vous invitons tous à apporter des témoignages ou bien à commenter l’ensemble des pensées que vous pourrez y trouver.
Boris
Pour Acte(s) là !
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Attention…ça glisse !
Dans le cadre de notre formation, nous avons lancé une invitation au débat en direction des étudiants, des formateurs et des membres de la direction pour la date du 17 septembre 2007.
Cette initiative est née d’interrogations liées aux transformations profondes dans le secteur du travail social. Interrogations latentes qui se sont matérialisées dans les événements secouant l’Hôpital de jour pour adolescents St Léon, mais surtout par le positionnement adopté par l’association gestionnaire (ARSEAA) face aux revendications des grévistes.
Notre centre de formation dépend de cette même association. C’est en ce sens que nous avons jugé pertinent de soumettre à débat public la teneur des valeurs et principes revendiqués par l’institut St Simon.
Malheureusement, nous avons constaté l’absence de tout membre de la direction. Aussi, nous nous sommes penchés sur le livret d’accueil distribué en ce début d’année ainsi que sur celui qui le précédait. Par ce comparatif nous avons tenté de dégager les principales modifications imposées par cette nouvelle direction.
S’agit-il d’un continuum ou d’une remise en cause radicale des valeurs et principes traditionnellement affichées ?
Ni l’un, ni l’autre…nous serions plutôt en présence d’un concept cher à notre nouveau président : la rupture tranquille. Expliquons nous.
A première vue les deux supports étudiés semblent être identiques en tous points. Mais si l’on s’attache à y regarder de plus près, comme on devrait le faire pour un contrat d’assurance, on peut s’apercevoir que des modifications substantielles y ont été portées.
Nous nous sommes attachés, ici, à n’en retenir que trois mais ô combien parlantes.
Ainsi, dans l’édito 2006/2007 est stipulé que « le processus de formation (…) nécessite de s’engager dans un travail de transformation, pas que de soi-même, mais de sa position dans la relation à l’autre, dans sa capacité à trouver, à prendre et à tenir une place et dans sa volonté d’inscrire son parcours personnalisé dans un dispositif collectif au sein duquel un accompagnement est mis en place ». Dans le même paragraphe, cette fois version 2007/2008, on été retiré les termes « trouver » et « prendre » sa place, et ce au profit exclusif de « tenir » une place.
Ce qui différencie un objet d’un sujet tient dans le fait que ce dernier a accès à la réflexion et à la prise de décision quant à la place qu’il désire tenir.
Dans le même esprit, il nous était suggérer « d’articuler et surtout de mettre en perspective au regard de l’évolution des besoins des populations, de leurs environnements et la façon dont ces questions sont traduites dans les projets d’établissement ». Aujourd’hui, il nous est proposé d’articuler ces « besoins » en fonction des « réponses apportées par les projets d’établissement ».
En un mot, c’est aux « besoins des populations », et donc aux usagers de s’adapter aux « réponses apportées par les projets d’établissement ». Voilà un nouveau paradoxe à prendre d’urgence en considération !
Enfin, dans l’édition 2006/2007, il est écrit que nous ne sommes « pas des élèves et il n’y a pas de classes ». Dans la dernière mouture, cette mention disparaît tout simplement.
On peut donc penser que notre centre de formation se transforme, petit à petit, en un lieu de transmission de savoir ordinaire. Savoirs directement applicables, mais non interrogeables.
Et ben nous, on s’interroge…
Vincent
Pour Acte(s) là !
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